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  • Numéro 7 / octobre 2008

    Taille critique pour les installations de biogaz

    Pour qu’une installation de biogaz soit rentable, elle doit produire un certain volume de biogaz, et donc atteindre une taille critique. C’est le constat établi lors d’un séminaire organisé par le Centre d’information biomasse avec le soutien de l’ASIG sur le thème «Installations de biogaz injectant dans le réseau – une option pour l’agriculture?».

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    Participants au séminaire de St-Gall sur le biogaz.

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    Discussion engagée avec Jean-Marc Hensch, directeur de l'ASIG, (au centre).

    Le séminaire a proposé à une bonne soixantaine de participants une vue d’ensemble des aspects économiques et techniques relatifs à l’injection de biogaz sur le réseau. Hans-Christian Angele, du Centre d’information biomasse de SuisseEnergie s’est penché sur les volets écologiques et économiques, mettant en balance les options de la production d’électricité et de l’injection. Il conclut que l’injection est une bonne option, à condition de disposer d’au moins 10'000 tonnes de biomasse par année. Il faut pouvoir en tirer au minimum 800'000 m3 de biogaz à injecter dans le réseau de gaz naturel. Condition supplémentaire: il faut disposer d’un réseau local de gaz naturel à basse pression dans un rayon maximal de 500 m. Sans oublier la possibilité d’utiliser la chaleur résiduelle dégagée par la production d’électricité. Il existe des potentiels régionaux pour la biomasse en Suisse. Dans les conditions actuelles, BiomassEnergie les estime globalement à quelque 1,4 terawattheure (= environ 4 % de la consommation annuelle de gaz naturel en Suisse). L’intervenant estime que l’engagement de l’économie gazière est crucial pour l’exploitation de ces potentiels. Car si une installation ne présente pas la taille critique, l’investissement ne sera pas rentable.

    Coup de pouce des taxes d’élimination

    Thomas Peyer, d’Erdgas Ostschweiz AG, s’est concentré sur les aspects économiques de la question. Soulignant que l’ensemble de la chaîne de valeur ajoutée devait être pris en considération pour le calcul de la rentabilité, il a illustré son propos par une présentation de la structure des prix. La rentabilité dépend cependant aussi des quantités de chaleur que l’on peut vendre. Les contributions tirées des taxes d’élimination permettent de proposer du biogaz à un prix compétitif. Dans ce contexte, Andreas Grossen, de l’ASIG, a présenté un aperçu du cadre juridique et réglementaire, dominé par la loi et l’ordonnance sur l’imposition des huiles minérales, ainsi qu’à la directive SSIGE G13. Le nouvel organe de clearing mis en place par l’ASIG permet de coordonner les rapports adressés à la Direction générale des douanes (DGD) et de garantir un bilan clair à l’échelle nationale.

    Différents systèmes de purification

    Dans un volet plus technique, Alfons Schulte-Schulze (Carbotech), Jean-Claude Weber (ErdgasZürich AG) et Beat Näf (Verdesis) ont présenté différents procédés de purification sur la base des expériences réalisées dans le cadre de projet concrets, illustrant notamment les progrès techniques constants dans ce domaine. Mario Caviezel (CTU) a exposé la genèse et l’évaluation de l’installation de Swiss Farmer Power à Inwil, récemment mise en service. Le site produit 1,9 million de m3 de biogaz à la qualité gaz naturel, pour une teneur énergétique de 18 GWh. De quoi propulser 2'000 véhicules à gaz et réduire les émissions de CO2 de 4'000 tonnes par année. Le tour d’horizon a été complété par un exposé des expériences réalisées avec le biogaz à l’étranger.

    Plate-forme de négoce de biogaz en Allemagne

    En Allemagne, la société BMP Greengas s’est lancée voici peu dans le négoce de biogaz acheminé via le réseau de gaz naturel. Klaus Huber, représentant la société, a donné un aperçu ce domaine encore jeune, en s’arrêtant notamment sur la structure et le fonctionnement de la plate-forme de négoce de biométhane. Dans un autre projet, la ville de Stockholm, qui n’a pas de réseau de gaz naturel, promeut l’utilisation de biogaz carburant pour les flottes de véhicules des communes et d’autres entités. Le plein se fait dans des stations directement reliées aux installations de production par des conduites ad hoc ou l’aide de conteneurs de transport spéciaux. Linda Persson a présenté ce modèle, illustrant une manière d’encourager le passage à des véhicules à gaz naturel moyennant des mesures simples et gratuites, par exemple en prévoyant des places de parc réservées aux véhicules GNC.

    Laisser jouer les mécanismes du marché

    Lors du débat qui a suivi les exposés, Jean-Marc Hensch (ASIG) a plaidé, dans le contexte du biogaz, pour des solutions taillées sur mesure en fonction du marché. Comme l’ont déclaré des représentants des milieux agricoles, un grand effort d’information doit encore être fourni concernant la réalisation des projets d’injection du secteur de l’agriculture.

    La manifestation a été l’occasion d’un intense échange d’idées et d’informations. Elle s’est conclue par la visite de l’installation de Rhy Biogas AG à Widnau. (Gro/bä.)

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