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  • Numéro 7 / novembre-décembre 2009

    Réduire les émissions de CO2 grâce au gaz naturel

    Le développement durable et la réduction des émissions de CO2 à l’échelle mondiale sont les thèmes qui ont dominé le 24e congrès mondial du gaz, qui s’est tenu à Buenos Aires sous l’égide de l’Union Internationale de l’Industrie du Gaz (UIIG). Le congrès a été l’occasion de souligner le rôle important qui échoit au gaz naturel dans ce contexte. A lui seul, le remplacement des centrales à charbon par des centrales à gaz modernes permettrait de réduire de 20% les émissions mondiales de CO2. Le gaz naturel se pose par ailleurs en complément idéal pour l’exploitation des énergies renouvelables. Pour cette première en Amérique latine, plusieurs milliers d’experts issus d’entreprises, d’associations et d’instances gouvernementales ont débattu pendant cinq jours des perspectives conjoncturelles, du contexte politique et des avancées techniques les plus récentes. Les prévisions tablent sur une croissance notable d’ici à 2030.

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    Alexei Miller, président de Gazprom, lors de son discours à Buenos Aires. Photo Gazprom

    Compte tenu de la nécessité de réduire les émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique, l’économie gazière doit assurer une croissance soutenue dans les deux décennies à venir, ont déclaré différents experts. Ils ont par ailleurs précisé que le gaz naturel offre une solution de rechange peu coûteuse aux énergies renouvelables, et qu’il permettrait d’atteindre les objectifs climatiques de l’UE et de l’ONU pour une fraction des coûts. Le congrès de l’UIIG est considéré comme le forum majeur de l’économie gazière au plan international.

    Gazprom vante les centrales à gaz

    Alexei Miller, patron de Gazprom, a appelé les Européens à miser sur les centrales à gaz au lieu des énergies renouvelables. «Si l’on remplaçait environ la moitié des centrales à charbon par les centrales à gaz modernes, on réduirait les émissions de CO2 dans une proportion égale au scénario du passage à l’énergie éolienne. Cela pour un tiers des coûts», a-t-il déclaré. Et d’ajouter que le gaz naturel est la source énergétique la plus sûre, ce qui lui donne un avantage sur les énergies solaire, éolienne, hydraulique et atomique. «Personne ne peut garantir un approvisionnement énergétique durable à haut niveau en misant sur les énergies renouvelables», a précisé M. Miller, avant d’avancer que si le XXe siècle fut celui du pétrole, le XXIe sera celui du gaz naturel. Impossible de manquer le stand de Gazprom au centre de l’exposition: le pavillon du géant gazier se dressait comme un château blanc sur le plus grand stand, où se pressaient les représentants des grands groupes énergétiques, des pays exportateurs de gaz naturel, ainsi que des fournisseurs et des prestataires de la branche en quête de contacts et de visibilité. Juste à côté, de jeunes patineuses russes exécutaient des pirouettes sur une patinoire montée spécialement pour l’occasion.

    Garantir à long terme l’approvisionnement de l’Europe

    Bernhard Reutersberg, directeur du comité d’E.ON Ruhrgas, s’est dit convaincu que le gaz naturel devait jouer un rôle clé dans la transition vers un approvisionnement énergétique plus pauvre en CO2 et un bouquet énergétique durable. «Le gaz naturel est la plus propre de toutes les énergies fossiles. Aucune autre ne présente un bilan climatique et environnemental comparable. Le gaz naturel peut donc apporter une contribution précieuse à la réalisation des objectifs climatiques, qui plus est à un coup particulièrement intéressant. Les politiques au niveau international doivent reconnaître le rôle clé du gaz naturel pour l’efficacité énergétique et la protection du climat et en tenir compte concrètement», a plaidé M. Reutersberg. Malgré le bas niveau actuel de la demande à l’échelle mondiale, il prédit de bonnes perspectives de croissance quantitative pour le gaz naturel en Europe à moyen et à long terme. «Le gaz naturel va continuer de développer sa position dans le bouquet énergétique européen, même sur un marché et un contexte général en profonde mutation.» M. Reutersberg confirme que la garantie à long terme de l’approvisionnement énergétique de l’Europe en gaz naturel reste l’un des objectifs principaux d’E.ON Ruhrgas. Les achats de gaz naturel de l’entreprise se fondent sur trois piliers: en sus de l’approvisionnement à long terme via les gazoducs, le groupe entend mettre en place sa propre production gazière et développer le négoce du gaz naturel liquéfié (GNL). L’entreprise veut commercialiser à terme plus de 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel de sa propre production.

    Une croissance annuelle de 2,2%

    En sa qualité d’association mondiale du secteur gazier, l’UIIG a élaboré au cours des trois ans écoulés depuis la dernière conférence qui s’est tenue à Amsterdam une étude approfondie concernant les perspectives de la branche d’ici à 2030. L’étude, qui a été présentée à Buenos Aires, prête une attention particulière à la question de la lutte contre le réchauffement global. Le «scénario vert» de l’étude part du principe qu’un terrain d’entente sera trouvé en décembre à l’occasion du sommet climatique de Copenhague et que les mesures de lutte contre les émissions de CO2 seront encore durcies vers 2020. Dans ce scénario, l’UIIG table sur une croissance de la demande mondiale de gaz naturel de 3000 milliards de mètres cubes par année actuellement à 4800 d’ici à 2030, ce qui correspond un taux de croissance annuelle de 2,2%. La part du gaz naturel au bouquet énergétique global passerait de 21% à 28%. Les émissions mondiales de CO2 baisseraient à partir de 2015, pour revenir en 2030 à une valeur inférieure à celle de 2005. Même dans l’hypothèse d’une poursuite de la tendance actuelle dans la politique climatique, l’UIIG s’attend à une demande de 4300 milliards de mètres cubes en 2030, soit une croissance annuelle moyenne de 1,8%. Dans ce scénario, la part du gaz naturel au bouquet énergétique n’augmenterait que très légèrement, passant de 21% à 23%, mais les émissions de CO2 augmenteraient de 50% par rapport à 2005.

    L’importance déterminante du cadre politique

    Différents groupes de travail ont aussi mis en évidence les limites possibles de l’expansion du gaz naturel. L’évolution du secteur est notamment tributaire des futures réactions politiques au niveau national et international face au défi posé par le réchauffement climatique. La Suisse, qui tire son électricité surtout de l’énergie hydraulique et de l’énergie nucléaire, et non du charbon, n’a pas de potentiel de réduction des émissions de CO2 dans ce domaine. La promotion des échanges et des investissements par les gouvernements est essentielle pour la croissance du secteur gazier. La mondialisation des marchés gaziers est un autre défi à relever. Comme le transport du gaz naturel a longtemps été tributaire des gazoducs, aucun marché mondial intégré n’a pu se développer jusqu’ici. Ce développement est aujourd’hui en cours grâce à la technique de la liquéfaction (GNL), qui permet le transport dans des méthaniers géants. (bä./sources: ats/NZZ/dpa/pd)

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