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  • Numéro 4 / Mai 2010

    Le forage sous le lac Léman atteint déjà presque les 4000 mètres

    Malgré un aléa technique lors des travaux de forage visant à rechercher du gaz naturel sous le lac Léman, les travaux avancent désormais rapidement et seront terminés dans quelques semaines. Des signes de la présence de gaz naturel ont déjà été observés. L’analyse des données collectées lors du forage montrera à présent si une exploitation et les investissements qui en découleraient seraient rentables.

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    L'imposante tour de forage

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    Philippe Petitpierre explique les fonctions du train de tiges.

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    Des têtes de forage (trépans) usées.

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    Bon pour la ferraille!

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    Pompes pour l'injection des boues de forage.

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    Au premier plan, les bassins de préparation des boues de forage.

    « Cette plate-forme de forage est la plus moderne d’Europe », expliquait dernièrement Philippe Petitpierre, vice-président du Conseil d’administration de Petrosvibri SA, à l’occasion d’une conférence de presse sur le site de forage à Noville VD, tout près du château de Chillon au bord du lac Léman. La société régionale de Suisse occidentale Gaznat SA, qui détient 66 pour cent des parts, ainsi que le distributeur de gaz naturel Holdigaz SA, ont fondé cette société pour rechercher du gaz naturel sous le lac Léman. Car nombreux sont les indices signalant qu’un gisement relativement important pourrait se trouver à cet endroit.

    Les autorités imposent leurs conditions

    Pour pouvoir forer directement en bordure d’une réserve naturelle afin de rechercher du gaz naturel, Petrosvibri a dû satisfaire à de très nombreuses directives imposées par les autorités cantonales. L’eau contenant la boue de forage est traitée et réutilisée, tandis que la boue doit être évacuée dans une décharge spéciale. Plutôt que d’utiliser comme habituellement des groupes électrogènes au diesel pour exploiter le site de forage, le courant doit être acheminé depuis le réseau à l’aide d’une ligne spéciale. L’ensemble du site est clôturé et surveillé. Partout se trouvent des capteurs qui détectent les fuites de gaz, enregistrent d’autres données et déclenchent une alarme si nécessaire. Les visiteurs sont équipés de casques de protection et de gilets et sont informés de la conduite à tenir en cas de déclenchement d’une alarme.

    Le train de tiges se coince

    « Six jours seulement ont été nécessaires pour amener l’ensemble du matériel sur place et dix jours plus tard, en novembre 2009, le forage pouvait commencer », explique M. Petitpierre. Il y eut ensuite tout d’abord une phase de descente verticale jusqu’à une profondeur d’environ 400 mètres. Puis la descente s’est poursuivie à l’oblique selon un angle d’environ 45 degrés, jusqu’à une distance d’environ 2,5 kilomètres de la tour de forage, à une profondeur de 3000 mètres sous le lac Léman. Régulièrement, il faut ressortir toute le train de tiges avec la tête de forage et dévisser les éléments successifs de 27 mètres. L’ensemble du train de tiges, doté d’une nouvelle tête de forage, est ensuite réintroduit tube après tube dans le puits et le forage se poursuit. Les problèmes ont surgi alors que le puits avait déjà atteint une longueur de presque 4000 mètres. Il a soudain été impossible de ressortir le train de tiges avec la tête de forage. Même une force de traction énorme, supérieure à 350 tonnes, s’est avérée insuffisante. Ce sont finalement deux charges d’explosifs déclenchées en profondeur qui ont permis de désolidariser les éléments bloqués et de retirer le train de tiges. Il a par la suite été décidé de modifier l’angle de forage, à partir de 2800 mètres de profondeur.

    Un forage plus long que prévu

    « Nous avons ainsi perdu près d’un mois. Nous estimons de ce fait que le forage durera un mois à un mois et demi de plus que prévu », annonce Philippe Petitpierre. Les résultats finaux sur l’éventuel gisement de gaz naturel et son ampleur sont attendus pour le premier trimestre de l’année prochaine. « Nous avons des indices de la présence de gaz naturel, mais pas encore suffisamment », déclare M. Petitpierre. « Nos chances sont d’environ 15 à 20 pour cent ». Le budget dédié à l’ensemble du projet s’élève à environ 22,5 millions de francs. (bä.)

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    Philippe Petitpierre et Daniel Mouchet de Petrosvibri SA ainsi que Philippe Gillet et Lyesse Laloui de l'EPFL. (g. à dr.)

    Une chaire suisse pour le stockage souterrain du CO2
    La concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère doit être réduite. C’est pourquoi l’EPF Lausanne (EPFL) crée une nouvelle chaire qui se consacrera au stockage géologique de ce gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone (CO2). Cette chaire a vu le jour grâce à un financement de Petrosvibri SA de 2,5 millions de francs.
    Ce poste, rattaché à la Faculté de l’environnement naturel, architectural et construit (ENAC), a été créé grâce à un financement de 2,5 millions de la société Petrosvibri SA. Récemment mis au concours, il est destiné à un professeur assistant tenure track (engagé pour une durée de cinq ans). Le ou la titulaire entrera en fonction début 2011.

    De nombreuses questions scientifiques

    «C’est un domaine émergent, où beaucoup de questions scientifiques se posent encore», explique Lyesse Laloui, professeur de géo-ingénierie, directeur du Laboratoire de mécanique des sols à l’EPFL. Mieux connaître les interactions entre ce gaz et les roches hôtes de la séquestration sera l’une des priorités du nouveau professeur. Il s’agira notamment d’en étudier les réactions dans une variété de milieux géologiques, de conditions de températures, de profondeurs ou encore de mouvements tectoniques.

    Résoudre la problématique du CO2

    «Trouver des solutions constructives à la problématique du CO2 est urgent, et cette chaire est un bon moyen, pour notre pays, de contribuer à cette tâche», souligne Philippe Petitpierre, vice-président de Petrosvibri SA, société anonyme suisse dont le but est de promouvoir la sécurité d’approvisionnement énergétique et la diversification des sources d’approvisionnement pour la Suisse. (pd/bä.)

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